Dans la famille de Mélanie, le profil neuroatypique est une réalité partagée : son fils cumule un TDAH sévère, une dyslexie mixte sévère, une dysorthographie, une dyspraxie et une dysgraphie. Sa sœur est également diagnostiquée TDAH. Leur père est atteint de dyslexie, et Mélanie elle-même est diagnostiquée TDAH, un diagnostic posé récemment, en 2025, pour ces trois derniers. Comment redonner le goût et l’envie d’apprendre quand aucune solution pédagogique ne répond véritablement aux besoins de ses enfants ? C’est le défi hors-normes que s’est lancé Mélanie.
Point de vue d’expert·e
Nous laissons la parole à Mélanie DEFRANCE HORDE, consultante et formatrice spécialisée dans l’accompagnement des profils neuroatypiques. Elle nous fait part de son histoire familiale qui l’a amenée à développer son propre dispositif pédagogique en l’absence de solution d’apprentissage pour son fils.
Petit lexique pour démarrer
Avant de découvrir le témoignage de Mélanie, revenons sur quelques termes issus du Glossaire du Handicap proposé par le site Handicap.fr et de la classification du DSM-5 des troubles mentaux :
- HPI : Haut Potentiel Intellectuel
- TND : Troubles du neurodéveloppement : troubles qui affectent les fonctions cognitives d’un individu
- Trouble dys : dyscalculie, dyschronie, dysgraphie, dyslexie, dysorthographie, dysphasie, dyspraxie. Troubles de l’apprentissage
- TDAH : Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH)
- TSA : Trouble du Spectre de l’Autisme
Genèse sur la création de la plateforme LIGNEDYS
Premier témoin de la souffrance de notre fils face aux apprentissages scolaires, nous entendions chaque jour des phrases qui brisaient le cœur :
- « Je suis nul »,
- « Je n’y arriverai jamais »
- « J’en peux plus »
A ces mots, s’ajoutent ses pleurs quotidiens. Nous observions également son renfermement, sa détresse, mais surtout son épuisement profond…
Le quotidien était rythmé par le marathon des rééducations avec les spécialistes : orthophoniste, graphothérapeute, ergothérapeute, neuropsychologue, psychomotricien·ne, pédopsychiatre, neuropsychiatre. De multiples rendez-vous avec les enseignant·es, les infirmier·ères scolaires afin de mettre en place les adaptations. En parallèle, il fallait mener les multiples démarches pour constituer les dossiers à déposer à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) pour obtenir un accompagnement et une reconnaissance du handicap. C’est un combat quotidien mené par notre famille pour le bien être de nos enfants !
On sous-estime souvent l’impact du handicap invisible et les répercussions qu’il entraîne sur toute la famille. Malgré les adaptations scolaires, notre écoute, notre accompagnement constant et notre soutien indéfectible, l’épuisement et la souffrance ont conduit notre fils à un burnout scolaire à seulement 12 ans, et notre fille à une souffrance intérieure silencieuse.
C’est là que nous avons compris que la différence invisible nécessite une approche fondamentalement différente.
Car en effet, durant ces 12 années, nous avons cherché à comprendre leur fonctionnement, leur manière d’apprendre, à décrypter leurs spécificités, en passant par de l’observation, de l’écoute, de l’expérimentation, à tester des idées et à les améliorer pour tenter mais également en se formant à différentes astuces et outils pédagogiques.
Rapidement nous avons cherché des ressources pédagogiques, j’y ai passé beaucoup d’heures, mais rarement nous trouvions ce qui convenait. Soit les vidéos étaient trop longues, trop rapides, le vocabulaire était complexe, les ressources étaient peu ludiques…
J’ai pris ce problème de ressources à l’envers et j’ai donc commencé à créer en dessinant, schématisant, illustrant, chantant, jouant, manipulant des objets, en mettant du concret, du sens dans leurs apprentissages. Ce travail colossal qui a permis d’apaiser un peu leurs souffrances nous a permis de retrouver davantage de rire pendant les devoirs. Mon parcours personnel a également été accompagné d’un nouveau chemin professionnel. En 2015, je me dirige vers la formation post bac en école de commerce et à l’université. Je prends conscience que chaque année, sur des centaines d’étudiant·es, nombreux·ses sont celleux qui presente un TND (Troubles du neuro-développement). En parallèle, j’accompagne plusieurs enfants avec TND en soutien scolaire. Je commence alors à développer une nouvelle approche pédagogique pour m’adapter à ce public. C’est là qu’à commencer à émerger LIGNE DYS.
LIGNE DYS
LIGNE DYS est né de l’ensemble de ces constats au sein de notre famille comme de mon environnement professionnel. Il n’existe pas de solution complète pour nos enfants atypiques. LIGNE DYS est une plateforme de soutien scolaire entièrement dématérialisée, dédiée aux enfants DYS, TDAH, HPI et TSA, du CP à la Troisième. Son accessibilité totale, sans contrainte de lieu ni de cadre rigide, répond directement aux besoins de flexibilité de ces élèves et de leurs familles.
Au fondement de LIGNE DYS se trouve une approche pédagogique originale, développée au fil des années d’expérimentation et de formation : la méthode NeuroEduSens®. Cette approche place l’élève au centre, en tenant compte de ses particularités cognitives et émotionnelles, pour rendre l’apprentissage à la fois accessible, engageant et porteur de sens. C’est elle qui guide la conception de chaque ressource proposée sur la plateforme.
J’ai voulu proposer des ressources pédagogiques basées sur une approche multisensorielle et ludopédagogique avec comme unique objectif de rendre l’apprentissage accessible à tou·tes pour être au plus proche des particularités cognitives et émotionnelles de chacun·e. Cette approche multisensorielle et multicanale se nomme désormais NeuroEduSens®.
L’idée étant de proposer aux élèves avec TND une solution complète donnant envie d’apprendre, permettant de révéler le potentiel de chacun·e, d’apaiser le temps des devoirs au sein des familles et de soulager un peu la surcharge des familles déjà bien éprouvée par l’envers du décor du monde des TND (rdv avec les spécialistes, l’hypersensibilité, la fatigue, etc.).
Cette solution est entièrement dématérialisée, toujours dans un souci de pouvoir offrir à ce public une totale flexibilité et accessibilité pour ne pas les limiter ni à un lieu ni à un cadre rigide.
Les contenus de LIGNE DYS sont conçus avec un seul objectif : donner envie d’apprendre. La plateforme propose des cours complets basés sur notre méthode. Chaque ressource aide l’élève à :
- Comprendre rapidement ce que lae professeur·e attend.
- Structurer sa réponse avec méthode.
- Apprendre avec des exemples concrets en maths, français, histoire, sciences…
Chaque détail est pensé pour favoriser l’autonomie et s’adapter aux besoins spécifiques d’attention, de mémorisation et de compréhension des élèves DYS, TDAH, HPI et TSA.
En parallèle, nous voulions proposer des ressources aux parents qui, comme nous, peuvent se sentir démunis face à la complexité du parcours de leur enfant. La plateforme leur propose des astuces pour mieux comprendre les TND et le TDAH, des fiches métiers présentant les différents professionnel·les impliqué·es, ainsi qu’un accompagnement pour la constitution du dossier MDPH, une démarche souvent épuisante, que nous avons voulu rendre plus accessible grâce à l’expérience accumulée.
Pour créer LIGNE DYS, nous nous sommes entourés des professionnel·les qui ont accompagné notre fils au quotidien. Leurs retours d’expérience, leurs conseils et leur expertise ont été intégrés à chaque étape de développement de la plateforme, garantissant une réponse au plus près des réalités vécues par les familles et les équipes pédagogiques.
Je prépare actuellement des conférences pour sensibiliser sur le sujet et spécifiquement une conférence immersive pour les apprenant·es et les équipes pédagogiques qui souhaitent découvrir ces sujets. Notre mot d’ordre est de faciliter l’apprentissage, d’aider les élèves à progresser à leur rythme, et permettre aux professionnel·les, enseignant·es de suivre efficacement leurs progrès.

Article rédigé par Mélanie DEFRANCE HORDÉ – Fondatrice de LIGNE DYS | Conférencière experte TND | Créatrice de la Méthode NeuroEduSens®
Pour découvrir la plateforme LIGNE DYS : https://lignedys.com/
Article publié le 19/03/2026
Relu et corrigé par Charlotte Guillot – Ingénieure pédagogique, Ségolène Trapletti – Ingénieure pédagogique et Diana Portela – Ingénieure pédagogique | Conceptrice digital learning | Formatrice.
Témoignages
Ed For Good est allé à la rencontre de parents confrontés au TSA chez leur enfant.
Elise Pottier, maman d’Eva atteinte de TSA
Ce témoignage a été recueilli en octobre 2025.
Ce qu’on retient du vocal :
- Parcours médical et paramédical dès les premiers mois d’Eva
- Déroutant pour des jeunes parents
- Travail à la maison et avec des professionnel.les axé·es sur le langage
- Signes du TSA : refus de certaines activités, retard de langage, intérêts spécifiques, pas de retard intellectuel, soucis de communication et dans les habiletés sociales
- Diagnostic posé alors qu’Eva avait 3 ans
- En petite section, Eva est accompagnée par une AESH
- Eva est scolarisée dans une UEMA (Unité d’enseignement maternelle autisme), ce qui facilite son inclusion à l’école et permet des progrès.
Emilie, maman d’Ismaël, 8 ans, atteint de TSA
Emilie nous raconte son parcours et celui de son fils, Ismaël, atteint de TSA : du diagnostic à sa scolarisation en milieu ordinaire, le parcours vécu pour l’accompagner au mieux dans son quotidien. Ce témoignage a été recueilli en octobre 2025.
Sigles et abréviations employés dans cet audio :
- TSA : Trouble du Spectre Autistique
- CAMPS – Plateforme RE.COL.TE – Centre d’Action Médico Sociale Précoce PEP86
- CRA : Centre Ressources Autisme
- MDPH : Maison Départementale pour les Personnes Handicapées
- AESH (anciennement AVS) : Accompagnant d’Elèves en Situation de Handicap
- SESSAD : Service d’Education Spéciale et de Soins à Domicile
Ce que l’on retient de cet audio :
- La communication avec le personnel accompagnant, les enseignant·es, les éducateur·rices spécialisé·es est essentielle pour faciliter l’adaptation des enfants TSA.
- Des difficultés existent pour trouver des praticien·nes disponibles pour aider au diagnostic.
- Des petits ajustements peuvent être nécessaires : laisser une porte ouverte en salle par exemple.
- Des dispositifs existent pour accompagner les enfants atteints de TSA à être scolarisé·es en milieu ordinaire.
Aller plus loin
- Les UEMA
- Deux minutes pour vivre l’autisme (site recommandé par Elise Pottier)
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